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Bourse postdoctorale conjointe ArcticNet-MEOPAR
Le changement climatique accentue considérablement la vulnérabilité des côtes arctiques à l’érosion. Les plages et les falaises côtières des régions septentrionales abritent de manière disproportionnée des sites d’occupation humaine et sont souvent associées à des lieux archéologiques ou culturels. Selon les connaissances locales du Nunatsiavut, la baie de Webb, située à environ 30 km au nord de Nain, est considérée comme un indicateur des changements dans cette région. La plage du cap de la baie de Webb est restée stable pendant des siècles jusqu’à ce qu’un recul rapide de la falaise commence il y a environ cinq ans. ³Ce problème est urgent : si le rythme accéléré de ce recul se maintient, les premières habitations disparaîtront d’ici un an ou deux. En collaboration avec le gouvernement du Nunatsiavut et les membres de la famille Webb, pour qui la baie constitue un lieu d’origine ancestral, nous menons une étude de l’environnement côtier de la baie de Webb. Dans le cadre d’une étude d’une durée d’un an qui débutera en septembre 2022, nous surveillerons simultanément le transport sédimentaire sur la côte et les processus océanographiques à proximité du littoral. Les données générées serviront à quantifier la hauteur des ondes de tempête, la hauteur des vagues, l’intensité et l’orientation du champ de vent associé, ainsi que l’ampleur de l’érosion à l’échelle de chaque événement. Afin de disposer d’une base de comparaison avec les données issues de l’étude de surveillance, nos recherches permettront d’estimer des références historiques pour les principaux paramètres environnementaux à partir de données modélisées et d’observations réalisées par la famille Webb. Nous utiliserons ensuite ces données pour élaborer des modèles prédictifs des changements côtiers et évaluer le potentiel des stratégies d’atténuation de l’érosion. Notre projet a été élaboré en consultation avec la Division de l’archéologie du gouvernement du Nunatsiavut, dans le but d’utiliser ces résultats pour caractériser les risques à l’échelle régionale. De plus, nous utiliserons nos données pour mettre en place des mesures de prévention de l’érosion et pour prendre des décisions adaptatives éclairées. Les communautés du Nord sont souvent laissées à elles-mêmes pour faire face à l’érosion côtière, sans aide et avec des ressources limitées. Notre équipe estime que cette approche fondée sur les données et impliquant la communauté pourrait s’avérer efficace pour résoudre ce problème dans d’autres communautés du Nord.
