Qu'il s'agisse d'améliorer la sécurité sur la banquise dans l'Arctique ou de mettre au point des technologies de pêche durables, les lauréats du Prix MEOPAR 2026 destiné aux jeunes chercheurs s'attaquent aux nouveaux défis océaniques auxquels le Canada est confronté.
Le réseau MEOPAR reconnaît que l’investissement dans les chercheur(-euse)s en début de carrière contribue à bâtir un avenir plus solide et plus résilient pour les communautés côtières et océaniques du Canada. En soutenant ces chercheur(-euse)s à un moment charnière de leur parcours, le programme leur permet de développer leur expertise, de tisser des collaborations solides et de mener des recherches ayant des retombées concrètes pour les communautés, les écosystèmes et l’économie. En soutenant les chercheurs à ce stade crucial de leur carrière, on leur permet d'élargir leur expertise, de nouer des collaborations solides et de mener des recherches ayant un impact concret sur les communautés, les écosystèmes et l'économie.
Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur les neuf chercheur(-euse)s et projets exceptionnels qui reçoivent la Bourse pour les chercheur(-euse)s en début de carrière 2026 du réseau MEOPAR.
Cartographie des aukkarniqsiutik (polynies) à l’aide du savoir inuit (Qaujimajatuqangit) et de la télédétection
Dirigé par : Mallik Mahmud, Université McGill
Ce projet mettra au point le premier système automatisé permettant de détecter et de cartographier les polynies de glace côtière, zones d’eau libre ou de glace mince au sein d’une banquise par ailleurs stable, à des échelles pertinentes pour les communautés inuites. En combinant une technologie satellitaire de pointe avec les connaissances inuites, un outil sera développé pour améliorer la sécurité et renforcer la résilience climatique. Les résultats comprendront des cartes imprimées, des outils numériques et une intégration avec des plateformes telles que SIKU, garantissant que les informations soient accessibles et pratiques pour les chasseur(-euse)s et les voyageur(-euse)s.
Évaluation des effets du réchauffement de l’Arctique, des vagues de chaleur marines et des activités de transport maritime sur les oiseaux marins du nord de la baie d’Hudson
Sous la direction de : Emily Choy, Université McMaster
Ce projet évaluera les impacts des vagues de chaleur marines et du trafic maritime sur l’un des oiseaux marins les plus courants de l’Arctique, le guillemot à bec épais, dans le nord de la baie d’Hudson. L’étude de cette espèce sentinelle, qui sert d’indicateur précoce de la santé de l’océan, permettra d’explorer la réponse de l’écosystème marin dans son ensemble à ces mêmes facteurs de stress. Les résultats aideront à prévoir comment plusieurs facteurs de stress peuvent interagir et contribueront à orienter les efforts visant à protéger les écosystèmes marins de l’Arctique dans un contexte de réchauffement rapide.
Des molécules à la gestion : décrypter le régime alimentaire des baleines dans le nord-est du Pacifique à l'aide de l'ADN environnemental
Animé par : Chloé Robinson, Ocean Wise Conservation Association
Ce projet vise à remédier au déclin récent des populations de baleines grises et d'orques résidentes dans les eaux de la Colombie-Britannique let leur lien avec la malnutrition. À l’aide de l'ADN environnemental (ADN-e), d’échantillons de matières fécales et de fragments de proies, ce projet étudiera le régime alimentaire saisonnier, les principales sources de proies, ainsi que la manière dont l’évolution des conditions océaniques influe sur la disponibilité des proies pour ces deux espèces. Les résultats viendront soutenir la gestion autochtone et fourniront aux décideurs politiques des informations plus claires, opportunes et fondées sur des données probantes concernant le régime alimentaire des baleines de Colombie-Britannique et les menaces environnementales émergentes.
Réduire la perturbation des fonds marins dans les pêcheries au chalut de l'Arctique grâce à la technologie des engins de pêche à flux semi-circulaire
Dirigé par : Tomas Araya-Schmidt, Université Memorial de Terre-Neuve
Ce projet explore une alternative aux engins de pêche au chalut classiques utilisés pour la pêche au turbot (flétan du Groenland). Il vise à concevoir, tester et mettre en œuvre un nouveau système de chalut à faible impact afin de réduire la perturbation des fonds marins, la remise en suspension des particules de carbone et la consommation de carburant, tout en préservant l’efficacité des captures de turbot. En collaboration avec Baffin Fisheries, le projet permettra de développer une technologie de pêche adaptée à l’Arctique, favorisant une pêche durable et protégeant les habitats marins sensibles.
Étude collaborative sur le requin pèlerin en tant qu'espèce parapluie pour une conservation inclusive et adaptée au changement climatique dans le golfe du Saint-Laurent
Dirigé par : Marianne Falardeau, Université du Québec, Télé-université du Québec (TÉLUQ)
Ce projet vise à mieux comprendre et à soutenir la conservation du requin pèlerin dans le golfe du Saint-Laurent. Il combinera les observations scientifiques avec celles des pêcheurs afin de cartographier la répartition du requin pèlerin et de recenser les populations locales, autochtones et non autochtones perceptions en matière de conservation de cette espèce. Les résultats contribueront à la planification des aires marines protégées, notamment du futur parc marin d’Anticosti-Mingan.
Utilisation des habitats océaniques, fondée sur des données sanitaires, par la population d'esturgeons blancs du cours inférieur du fleuve Fraser afin de faire progresser la protection, la restauration et la gestion responsable menée par les populations autochtones
Sous la direction de : Morgan Piczak, Université de la Colombie-Britannique
Ce projet, développé en collaboration avec la Lower Fraser Fisheries Alliance, qui représente 24 Premières Nations, comblera une lacune importante dans les connaissances en établissant un lien entre les déplacements de l’esturgeon blanc du bas Fraser dans les milieux estuariens et marins et les indicateurs de santé individuels. En combinant un suivi acoustique à grande échelle et des évaluations physiologiques non létales, ce projet permettra d’identifier les habitats favorables à la bonne santé des poissons ainsi que les zones associées à un niveau de stress élevé. Ces résultats fourniront des informations exploitables et spatialement précises qui guideront la protection, la restauration et la planification du rétablissement de l’habitat de cette espèce menacée.
Redonner vie à la mariculture ancestrale grâce à une gestion autochtone moderne sur le territoire des Gitga’at
Sous la direction de : Spencer Greening, département des océans et des terres de Gitga’at
Ce projet vise à recenser les pratiques ancestrales de mariculture ainsi que les savoirs vivants des Gitga’at en matière de gestion responsable des ressources marines sur l’ensemble du territoire, afin d’établir une base de référence pour la revitalisation des systèmes traditionnels. Ces travaux de recherche serviront de guide pour la restauration à long terme et favoriseront la gestion durable des écosystèmes marins et côtiers sur le territoire des Gitga’at.
ciiqciiqasa muułaaʔaƛquu : Des mots qui coulent, des marées qui montent : outils numériques pour la revitalisation de la langue hesquiaht et la transmission des savoirs marins
Dirigé par : chuutsqa Rorick, Université de Victoria
Ce projet renforcera la revitalisation de la langue hesquiaht en développant des outils numériques gérés par la communauté et des ressources pédagogiques immersives ancrées dans les savoirs marins. En associant les systèmes de savoirs autochtones à une IA éthique, il favorisera l’adaptation au changement climatique, l’engagement des jeunes autochtones et un accès équitable à l’apprentissage des langues.
Un cadre décentralisé de biobanques visant à faciliter la conservation et la culture de l’algue rouge (Pyropia) et du varech sucré (Saccharina latissima) en Colombie-Britannique
Dirigé par : Logan Zeinert, North Island College
Ce projet vise à mettre au point de nouveaux outils pour préserver la diversité génétique des algues et à créer une biobanque décentralisée afin de garantir un approvisionnement fiable et à long terme en semences de lames pour la restauration et la culture. Grâce au séquençage génétique permettant de répertorier les cultures de lames existantes et à la création d'une base de données en libre accès, il contribuera à identifier les populations vulnérables et celles qui sont résilientes, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des récoltes sauvages imprévisibles. Le projet rassemble les parties prenantes afin de développer conjointement des méthodes communes pour la création de biobanques d’algues, renforçant ainsi les capacités des chercheurs, de l’industrie et des partenaires des Premières Nations. Grâce à la collaboration, à l’innovation et au respect de la diversité des systèmes de connaissances, le neuf projets ci-dessus contribueront des connaissances et des outils scientifiques océanographes, l'industrie, et les collectivités côtièrescommunautés. Le MEOPAR est ravi de soutenir cette incroyable cohorte de jeunes chercheurs venus de tout le Canada.

